Article du

16/2/2026

Actualités, témoignages
et réflexions qui nous animent...

Approche systémique

Régénérer ou développer durablement ?

Et si nos activités (touristiques notamment) devenaient des moteurs de vitalité sociale et environnementale ?

Parmi les secteurs les plus interdépendants de la qualité de leur environnement, le tourisme est dans le top 5. Que serait une randonnée sans la faune et la flore ? Un festival extérieur sans une température et un ciel cléments ? Une station de ski…vous imaginez la suite. Bref, une interdépendance bénéfique, qui nous rend fiers de notre lieu, nous donne envie d’y accueillir des visiteurs et d’en profiter nous-mêmes. Mais une interdépendance secouée et menacée par de multiples facteurs.

design-regeneratif

LE DESIGN RÉGÉNÉRATIF, UN NOUVEAU SOUFFLE

C’est pourquoi l’angle de la régénération prend racine dans le secteur touristique, comme démontré aux Grands remous cette année. Un nouveau souffle après le développement durable, dont les concepts doivent évoluer car généralement assombris de culpabilité et d’anxiété. Il nous faut ce nouveau élan, créatif, mobilisateur et… régénératif. Et surtout, c’est une posture par laquelle le tourisme réfléchit à comment il peut renforcer la vitalité d’un lieu, d’un village (par la culture, la vitalité économique, l’héritage, l’identité…), par la créativité collective de ses travailleurs, ses clients, ses résidents et ses acteurs économiques comme co-gardiens du lieu. On parle ainsi de co-évolution des systèmes humains et naturels.

En ancrant notre réflexion sur un territoire écologique, comme un bassin versant, une montagne, un village, ou immatériel comme une communauté, une entreprise, il devient fédérateur de s’accorder sur une intention claire et partagée, de définir une vision commune du potentiel sous-jacent au projet et aux échelles plus larges (village, industrie, région…) puis une trajectoire pour y parvenir.

DE LA DIVERSITÉ DES IDÉES VIENT L’AMBITION COMMUNE

Pas besoin de choisir un seul modèle de développement, au contraire, ils cohabitent généralement si les intentions se rejoignent. Derrière la diversité des idées se cachent toujours des besoins fondamentaux (se rassembler pour grandir, se nourrir sainement et localement, se déplacer en sécurité, vieillir dans l’accueil, etc.) sur lesquels bâtir notre futur commun. De la confrontation vient la créativité, l’harmonisation des intentions, comme la nomme Regenesis, dont nous suivons les travaux et formations. Pour y parvenir, il est urgent de muscler notre humilité, de stopper notre jugement et d’accueillir les propositions avec la curiosité et aspirations des besoins qui se cachent derrière ces idées.

Comme le dit @Bill Reid, nous ne pouvons pas régénérer la planète, mais nous pouvons restaurer notre lieu de vie et de ce cumul viendra la préservation globale. Parce qu’on voit les résultats à notre échelle, on prend part au changement, on participe aux initiatives et on se rapproche les uns des autres. Et quoi de plus enthousiasmant que de mener ces changements au niveau local !

PARTIR DU POTENTIEL PLUTÔT QUE DES PROBLÈMES

Lorsque nous travaillons avec les principes du vivant, il ne s’agit pas de réparer notre environnement immédiat selon nos propres critères et projections. Nous travaillons avec notre écosystème biologique, géologique et social pour renforcer notre pouvoir commun à maintenir la vie pour le système, pour co-évoluer. On ne part pas d’un problème à résoudre, mais d’un potentiel à faire émerger.

C’est pourquoi dans une approche régénérative, nous commençons par comprendre notre écosystème, ses composantes, son tracé, son identité, ses interactions et échanges avec l’écosystème supérieur, puis le suivant, et le suivant. C’est vrai pour un lieu (ma maison, mon quartier, ma vallée…), mais aussi pour un système social (mon équipe, mes clients, mes confrères et mon industrie, les clients de mes clients, etc.). Qu’est-ce qui nous relie, quelles intentions pouvons-nous fédérer, quelles sont nos frictions, qu’échangeons-nous qui soit incontournable à notre fonctionnement? Puis on comprend son essence pour en identifier le potentiel. Pas pour résoudre des problèmes, mais pour laisser fleurir le potentiel, ce qui par le fait même résoudra les problèmes mais atteindra encore plus de valeur.

Clairement, on ne peut comprendre un système sans comprendre ses interactions avec les systèmes plus larges (ex : vous ne connaîtrez pas une personne en regardant son cœur ou ses poumons! C’est le tout, avec sa personnalité, son esprit, son histoire, son entourage, etc. qui constituent une personne). Seulement avec cette compréhension fine pourrez-vous commencer à imaginer le potentiel de cette personne.

COMPRENDRE LE POTENTIEL DE L’ENSEMBLE LE PLUS LARGE POUR DÉFINIR LE PROJET

J’aime aussi le principe que pour définir les contours d’un projet, il faille d’abord faire l’exercice de bien identifier ce qui doit être réalisé à l’échelle la plus large. Je veux me lancer dans le conseil aux entreprises ? Or nos économies doivent tendre vers les limites planétaires et honorer les besoins humains. Cette vision systémique va définir le type de conseil que je vais offrir à mes clients (mon écosystème rapproché), les personnes (quels employés, quels partenaires) avec qui je vais le faire et quelle sera mon éthique professionnelle.

Même si le vocabulaire associé aux principes du vivant et à l’approche régénérative est parfois déstabilisant et difficile à expliquer en quelques lignes, ce sont des approches très ancrées dans le réel, qui amènent des stratégies et projets beaucoup plus ambitieux et enthousiasmants. Voilà pourquoi nous les aimons tant chez Ellio.

Esther Dormagen

Présidente
edormagen@ellio.ca

‍514 571 0528

design-regeneratif
design-regeneratif

Logo Ellio noir

Appelez-nous au