Article du

6/10/2021

Actualités, témoignages
et réflexions qui nous animent...

Entrevue

7 vies. Eduardo a déjà eu 7 vies.

C’est la première fois que je rencontre Eduardo Firak, même en visioconférence cela reste une rencontre. Covid oblige, les écrans laissent une impression somme toute étrange et bien différente des rencontres abordées physiquement parlant. Et pour être différente, elle allait l’être. Même en visio.

7 vies

Venu du Brésil, Eduardo est une pépite à découvrir, qui a installé ses pénates au Québec, depuis plus de cinq ans.

Il est comme les chats, Eduardo, il a de nombreuses vies et un parcours hallucinant et ce mot est bien soupesé, j’ai bien écrit hallucinant, une vie cachée sous des traits ordonnés et une moustache taillée comme mon grand-père avait la sienne, style 1930.

J’avoue lui avoir demandé l’autorisation de publier ces lignes, question de respect. Réponse. Il n’a rien à cacher et cela fait partie de la fierté de son parcours et de sa transparence.

Entre ses 16 et 18 ans, Eduardo a vécu une année dans la rue, ou plus précisément en itinérance dans le sud du Brésil.  À 18 ans, il devient père et prend ses responsabilités.

Il reprend ses études, alors qu’il a 18 ans, avec ses amis, il lance un mouvement citoyen de conscience écologique, Burucutu mouvement qui durera une dizaine d’années.

Pendant son baccalauréat et sa maitrise, il acquiert une formation auprès du Centre de Recherche Transdisciplinaire sur l’environnement et le développement.  

Il fonde une compagnie de théâtre et réalise 26 spectacles dans le cadre d’un prix provincial pour la culture pour ensuite quitter le Brésil pour un nouveau défi, obtenir son doctorat à l’étranger. Sujet : « le réseau d’acteurs engagés dans le développement durable » doctorat qu’il obtient au Québec.
Eduardo relève les défis, l’un après l’autre de manière presque méthodique. Ce sont les premiers mots prononcés par Eduardo lors de notre entrevue, il ne mentait pas.  Une approche systémique de la vie. Eduardo voit sa vie, écrite page par page. Une quête chaque jour renouvelée.

Chaque jour est une nouvelle page, un nouveau défi.

La systémique, comprenez voir les choses de manière globale
pour en analyser les impacts fait partie de sa vie :

« C’est mon fils qui m’a ouvert la voie, celle de l’écoute et je pense qu’elle est importante dans la démarche. Chez Ellio, je veux aider les entreprises, à faire la transition socio écologique, c’est ainsi que je me place dans les paramètres de la vie.  En tant qu’être humain, je reste très positif, très optimiste, le changement est possible - personnellement je pense que c’est possible - en ayant une vision claire, chaque jour après chaque jour, avec cette rigueur qui m’habite, cette discipline peut nous aider. »

Il éclate de rire.

L’approche systémique peut nous aider à changer le monde

L’approche nous permet d’avoir une vision d’ensemble, plus globalement, on peut savoir où sont les points faibles et où sont les points forts, où doit-on travailler, dans son cas avoir une vision globale pour cibler les actions possibles.

« On ne voit pas ce que l’on ne voit pas et on ne connaît pas ce que l’on ne connaît pas ! » clarifie encore Eduardo.

Il a découvert cette approche quand il avait 18 ans avec Burucutu et l’a peaufinée à travers ses études et sa pratique. Eduardo ajoute, en se rappelant de son premier client dans les années 2000 :

« Si vous prenez une usine et une machine à nettoyer vous pouvez soit le prendre par le bout du chemin le plus court, je cherche un produit nettoyant efficace pour la nettoyer et cela s’arrête là, soit vous regardez les impacts du produit sur la santé, l’écologie, sur les eaux usées et ainsi de suite et là vous vous installez dans une approche globale. Une approche que même ma grand-mère comprend, pas besoin d’utiliser le mot systémique pour que cela soit clair »

L’important est de comprendre que les fondements de cette approche sont inscrits comme un mantra dans sa vie.

« Je sais me consacrer à l’essentiel, éviter de faire les choses non essentielles, me consacrer sur les effets tangibles. Faire de l’impact…»

En quelques mots tout est dit et il nous a tout dit.

Quand pour clôturer notre entretien et agrandir ma culture brésilienne, je lui pose la question :

-   As-tu un proverbe brésilien en guise de conclusion pour terminer sur une note humoristique? Eduardo dans un long silence analyse la question et comme pour briser le silence, je m’aventure dans une comparaison rapide :

-   Tu es comme Pelé en somme. Il rit.

- « Non, je suis le genre de Brésilien à ne pas être fan de soccer… »  

Qu’est-ce qu’on vous disait, un Brésilien à part qui aime la neige, le vélo d’hiver, le froid québécois. Et Gilles Vigneault.

7 vies