La semaine dernière, j’ai préparé puis donné un webinaire sur comment trouver les meilleurs fonds pour réduire les risques reliés à l’impact des changements climatiques, puis j’ai ressenti un certain malaise. Ce n’est pas parce qu’il s’est mal déroulé – j’ai eu de bons, voire de très bons commentaires à ce sujet, mais je me sentais toujours mal, et je ne savais pas trop pourquoi.

Une des raisons était que l’échéancier était vraiment trop court pour que je puisse cerner exactement le message que je voulais faire passer. Je pensais répondre à un besoin des investisseurs particuliers, mais les gens sont à la recherche d’orientations, et je ne veux pas les induire en erreur.

J’ai récemment lu une citation qui disait:  » La vie est trop dangereuse pour ne pas être complètement sincère et trop courte pour ne pas aimer pleinement ». J’ai réalisé que j’avais des doutes sur ma parfaite sincérité…  et c’est ce constat qui était à la source de mon malaise.

J’ai dit lors du webinaire quelque chose comme: « les 20 prochaines années sur les marchés financiers ne ressembleront en rien aux 20 dernières ». J’ai été particulièrement touchée par un rapport des Nations Unis que j’ai lu récemment qui attribuait une valeur monétaire au capital naturel et qui révélait qu’aucun des 20 principaux secteurs de l’économie répartis par région* n’était rentable si le coût de la destruction du capital naturel était effectivement pris en compte.

Le monde des investissements, le monde de la finance et le monde des grandes entreprises hypothèquent trop souvent le futur de notre planète pour créer des profits à court terme pour une minorité. Je fais partie de ces derniers. Je viens d’une famille relativement aisée, et j’ai profité de privilèges que beaucoup n’ont pas.

Il faut que je parle des rendements. Des rendements réalistes. J’ai toujours été mal à l’aise avec le discours de l’industrie de l’investissement responsable qui dit que les rendements sont supérieurs ou égaux aux rendements des investissements traditionnels, comme si l’argument principal ne reposait que sur la seule rentabilité commerciale…

Les investissements responsables et les industries durables perpétuent une sorte de mensonge, puisqu’elles continuent à fonctionner sans information exhaustive, sans une prise en compte des coûts totaux. La vérité est que le profit qui hypothèque le capital naturel est en train de détruire cette même sécurité que nous recherchons pour nos vieux jours, ainsi que le monde que nous voulons léguer à nos enfants, et aux enfants de nos enfants. Nous devons changer radicalement la perception que nous avons des rendements et justement aller vers des notions de slow money avec des rendements moins élevés….

Mais je vous concède que le message n’est pas très sexy… Comment pourrions-nous tourner ça de façon engageante, ludique, humoristique?

Je n’ai pas toutes les réponses. Je me pose encore moi-même tant de questions… Il s’agit d’une sphère nouvelle, avec beaucoup d’inconnues…

Je suis consciente que je voudrais vivre cet idéal tout de suite, mais pour que cela puisse se concrétiser, il faut y aller une étape à la fois.

Dites-moi ce que vous en pensez. Idéalement, nous pourrions avoir cette conversation sur un espace ouvert, pour que le plus de gens possible puissent participer, alors svp, utilisez la boite de commentaires ci-dessous.

P.s. À tous ceux qui m’ont écrit pour savoir s’il y aurait une rediffusion, la réponse est non. Je vais faire mieux. On s’en reparle au retour de la semaine de relâche scolaire.

* Voir « Natural capital at risk: the top 100 externalities of business » p 56.